Les sports à la mode | Page 2

Camille Meillac
courte épée. Des gladiateurs à cheval, ou montés sur des chars, s'entretuaient dans les cirques. Des galères se heurtaient dans les naumachies. Puis ce furent les massacres en grand, des combats de bêtes féroces, des centaines de captifs égorgés ou livrés aux lions, aux panthères, aux ours, des supplices raffinés, des repas de chair humaine sur les arènes, arrosées d'eau de senteur, et aux acclamations d'une foule délirante. Cette férocité indiquait la complète décadence des sports; quelques particuliers se livraient au jeu de paume, à la gymnastique; mais l'idéal grec semblait perdu.
=Les sports en France.=--L'ancienne Gaule connut des jeux assez brutaux; les Gaulois prenaient plaisir aux combats singuliers. On vit Pépin le Bref, roi des Francs, entrer dans une arène, où luttaient un lion et un taureau et les abattre de son épée. Le roi n'est-il pas d'ailleurs, aux termes du ?Roman de la Rose?, ?le plus ossu, le plus corsu??
Pendant tout le Moyen-Age, il fallait que chacun f?t en mesure de défendre sa vie, continuellement menacée. On se souciait alors fort peu de l'instruction, abandonnée aux seuls moines; il ne s'agissait que d'être fort, le plus fort. Aussi les nobles consacraient-ils la plus grande partie de leur temps à manier l'épée à une ou à deux mains, la lance, la masse d'arme, tandis que le peuple s'exer?ait à l'arbalète, à l'arc, à la hallebarde, à l'épieu.
La chevalerie adoucit les jeux et les transforma en divertissements luxueux, chantés par les trouvères et troubadours. Les tournois mettaient en valeur la grace et la vaillance des seigneurs; ceux-ci étaient encouragés par la présence des dames dont ils portaient fréquemment un gage sur leurs armures; il arrivait qu'un adversaire s'emparat de ces gages qui pouvaient être renouvelés. On raconte qu'après un tournoi ?les dames s'en allaient les cheveux sur leurs épaules et leur cotte sans manches, car toutes avaient donné aux chevaliers pour les parer, et guimpes et chaperons, manteaux et camises, manches et habits?; lorsqu'elles s'en aper?urent ?elles en furent comme toutes honteuses, mais sit?t qu'elles virent que chacun était dans le même état, elles se mirent toutes à rire de leur aventure?.
Le jeu de paume était très en faveur dans toutes les classes de la société. ?Au XIVe siècle[1] tout bon Fran?ais prenait de l'ébat, c'est-à-dire se livrait au sport en plein champ ou à huis-clos.? On pratiquait alors la lutte; et les jeux de la soule, de la crosse, du mail.
La Renaissance fit prédominer la culture intellectuelle sur la culture physique; les siècles qui suivirent amenèrent la décadence des jeux, à l'exception des jeux de hasard et des carrousels.
Pendant le XIXe siècle, on s'est livré à l'équitation, au canotage, à la gymnastique. Mais ce n'est guère que depuis une trentaine d'années que, las de la supériorité anglo-saxonne, on s'est décidé, en France, à faire du sport d'une fa?on consciente et rationnelle.
[Note 1: J.-J. Jusserand. Sports de l'ancienne France.]

SPORTS ATHLéTIQUES
=I.--LES JEUX DE LA BALLE=
Les jeux de la balle remontent à la plus haute antiquité: Homère dans son odyssée, nous montre Nausicaa, fille de roi, jouant à la balle avec ses compagnes. Les Grecs englobaient divers exercices avec le ballon sous le nom de ?sphéristique?. Les Romains jouaient à la ?pila?. De nos jours, la balle est la reine du sport.
=Le football.=--Le football (de l'anglais foot, pied, ball, ballon) est de tous les sports à la mode le plus répandu et celui qui développe au mieux les qualités morales de décision, d'énergie et de sang-froid. Il convient à tous les hommes jeunes et n'exige pas de ses fervents le surmenage physique qu'imposent certains exercices athlétiques. On ne saurait trouver pour la jeunesse de divertissement plus sain; c'est ce qui explique, mieux que toute autre raison, son succès rapide en France.
Ses origines sont assez obscures; on le rattache au ?follis? des Latins. Plus près de nous, on lui retrouve dans l'ancienne France une parenté indéniable avec la ?soule? bretonne et la ?barrette? du Centre. Il est fort probable quoique les Anglais ne veuillent pas le reconna?tre, que le football, sport national anglais, n'est qu'un dérivé de ces jeux fran?ais qui, d'ailleurs, furent interdits par des ordonnances royales, à cause de leur brutalité et disparurent peu à peu de nos provinces.
Jusqu'au XIXe siècle, la plus grande confusion préside dans les règlements qui régissent les football des écoles anglaises. Ce n'est qu'après 1850 qu'on essaya d'unifier les règles multiples et l'on se trouva alors en présence des partisans irréductibles de deux méthodes différentes: celle de Rugby, permettant l'usage des mains et celle de l'école d'Eton qui n'autorisait l'usage que des pieds. Ces deux formes de football se sont maintenues sous le nom de football Rugby et football Association.
=Football Rugby.=--Le rugby introduit en France vers 1880 a porté d'abord le nom de barrette. Les premiers matches organisés par le Racing-Club et le Stade fran?ais, laissèrent l'opinion
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